Archive for the ‘Europe’ Category

Cosmopolitisme

2004-2005. Ce fut le réveillon le plus mélangé que j’ai jamais vécu.

Pour le Noël, j’étais allé à Barcelone fêter avec des amis qui y habitaient. Le 26, je suis parti à Génève, et de la capitale de la Suisse française je suis reparti vers Zürick, où j’allais passer quelques jours avec un ami brésilien qui en était venu pour visiter la tante, mariée avec un suisse. 

J’y suis donc resté pendant 5 jours, puis je suis rentré en France, à Paris. J’avais des plans pour y fêter le réveillon avec des amis. Je suis descendu du train et je suis allé directement chez un ami à moi de la communeauté brésilienne qui allait m’héberger. J’ai même pas pu déposer mon bagage dans son appartement que les préparations ont démarré: aller au supermarché pour nous faire les achats de fin d’année, faire le nettoyage de la maison, tout arranger, etc. 

Le 31, vers 14h, peu à peu les gens ont commencé à arriver. Chacun portait ses trucs. Un peu de ça, un peu de ça… Avec plusieurs mains, tout a été prêt très vite. Plus de temps pour boire et faire la fête.

Le dîner a fini vers 23h et on est allé prendre le métro pour voir le passage de l’an devant la Tour Eiffel. Il  y avait du monde au Trocadéro. Nous étions plusieurs brésiliens, chacun d’un coin du pays (Curitiba, Porto Alegre, São Paulo, Rio de Janeiro, Brasília, Fortaleza, Belo Horizonte), et aussi des gens du monde entier: une russe, une haïtienne, deux américaines, une espagnole, un japonais, deux allemandes, un ucranien, une polonaise, un chilien et deux colombiens. Une gang d’étrangers. Chacun, à sa façon, saluait les autres:

Feliz Natal

Schastlivovo Novovo Goda (Счастливого Нового Года)

Happy New Year

Feliz Año Nuevo

Akemashite omedetou gozaimasu (明けましておめでとうございます)

Frohes neues Jahr

Новий рік

Szczęśliwego nowego roku

Bonne Année

Là-bas, on a rejoint les mexicains-parisiens, dont la communeauté a l’habitude de commémorer le Nouvel An et la fête de la République à Trocadéro. Pourquoi là? Je n’en sais rien. À la mexicaine, tout le monde a picolé jusqu’à l’aube. On a fini la soirée en 20 personnes chez mon ami à 15h du 1er janvier. 

La première sensation de 2005? Quelle gueule de bois!

 

 

 

Un homme pressé

Je le disais un jour ici même: « Il y a mille manières de partir, mille manières de voyager, il n’existe pas une fois ou cela se ressemble, pas une fois où on partira sans rien trouver »
Ce jours là je me voulais philosophe de bistro, pourtant ce voyage à l’époque avait vraiment changé la donne et m’avait poussé vers l’université… tellement fort que 7 ans après j’y suis encore. Et étrangement cette phrase m’est revenue à la mémoire lors de mon dernier « voyage ».
C’est mardi, après avoir donné mon cours je n’ai pas le temps de parler avec personne, je file, oui ma carrière est en jeu, direction l’aéroport. Le taxi fait crisser les pneus sur le bitume bogotien, son klaxon s’use pour gagner quelques minutes. J’arrive tout droit sur le guichet d’Air France, sans faire la queue bien sûr, je n’ai pas le temps… 3 ou 4 miss se charge de moi, tamponne, appelle et rectifie, et me guide jusqu’au VIP. Juste le temps de boire un verre et on m’envoie dans l’avion.
Champagne, foie gras, camembert, vin rouge… petit film et ronflette. Je ne sens pas passer le vol, j’ai dormi comme un bébé, à peine le temps de lire un document de travail. On commence notre descente sur Paris. Je récupère ma veste et mes costards, je saute dans le premier bus, change de terminal, passe toute la queue de la douane avec une hôtesse, et je remonte dans l’avion. Oui oui j’ai mis un pied en sol français, et je suis bien content d’avoir mangé mon fromage et bu un pastis. Mais je n’ai pas le temps, je file, ma carrière est en jeu.
L’avion suivant est plus petit moins long et très vite j’arrive à l’aéroport nord de Moscou. Passeport, douane, bienvenue, un chauffeur m’attend, on file… et on arrive à l’hôtel, ma chambre est au 14e et une collection de document m’attend, je rencontre le coordinateur qui m’explique comment doit se dérouler l’événement, les transports, les restaurants… tout est bien calculé. Je dors 4 heures et c’est parti. Le bus nous emmène à la salle de conférence.
On se présente, discute, le protocole n’est pas encore vraiment là, pour l’instant on est juste une série de fonctionnaires et d’experts, alors on s’échange nos cartes, nos idées…
Qui veut entrer dans la toile de mon réseau?
La journée finie, on visite un musée au pas de course (le sexe de Raspoutine dans le formol est très beau, oui bien sûr), on mange vite, il faut rentrer à l’hôtel préparer la journée de demain. 3 heures de sommeil, et on recommence. Je ne sais pas vraiment quel jour il est mais qu’importe, il faut être là, le protocole est de rigueur, les jeux politicodiplomatiques commencent… pas pour moi, je suis juste là pour présenter, dénoncer, proposer… et Je peux toujours m’ramener ma science.
Militant quotidien
La journée passe, le soir le musée est annulé, pas le temps, il faut discuter… le restaurant doit être russe, on mange du caviar …. On dort peu, et le lendemain on recommence. La seule différence est que cette fois on fini à 4 heures de l’après midi, et que tout le monde pars en courant. Cette fois j’aurais le temps d’aller voir le Kremlin, la place rouge, d’aller boire une vodka avec mes « compagnons de route » dans le centre archi branché de Moscou ….
Finalement J’connais le tout Moscou et puis le reste aussi.
Je peux repartir, après une nuit d’une heure, mon chauffeur vient me chercher à l’hôtel et m’emmène tout droit à l’aéroport où je reviens à mon point de décollage 5 jours plus tôt. Je m’autorise une demie journée de repos, pour regarder la pluie tomber et inonder les rues de Bogotá, je sais que là au bout du ruisseau il se passe exactement ce que j’ai été raconté à Moscou, et peut être que dans dix ans on aura réussit à réguler un problème qui n’existera plus de cette forme, peut être … qui sait… mais ce n’est pas grave… Moi je vais vite, très vite, ma carrière est en jeu.
La mardi suivant à l’université on me demande comment s’est passé mon week-end… où je suis sorti samedi. Bof … j’ai traversé le monde, mais j’aurais surement trouvé plus excitant d’ouvrir une porte.

 

Chartres

La France est un petit grand pays, messieurs, je vous l’avoue. De la taille d’un département moyen brésilien, vous y avez pas mal de choses à visiter. Au-delà des destinations les plus souhaitées, comme Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux et Strasbourg, il y en a beaucoup plus d’autres. Moi, ce que j’aime en France c’est qu’à n’importe quel petit village où vous allez vous aurez des choses intéressantes à voir. Ville moyenne, Chartres en a plein.

Lorsque je suis arrivé en France, une des premières personnes à qui j’ai parlé a été O., une ex-copine chili-française de Brésil. O. était née au Chili, mais vers 6, 7 ans en est partie avec ses parents à cause de la dictature chilienne, de telle façon qu’elle a vécu presque sa vie entière en France. La jeunesse, elle l’a passé à Chartres, où son père habite toujours. De là, elle est partie pour étudier sur Paris. J’ai fait sa connaissance à Curitiba, lors de son “Erasmus” en Amérique Latine.

Je suis donc arrivé et le lendemain on s’est rencontré au petit jardin derrière l’église Notre Dame. On a passé toute la journée à bavarder et raconter les nouvelles l’un à l’autre. Ce jour-là, elle m’a promis qu’elle allait m’emmener à Chartres. Opportunité de visiter une ville avec un guide du coin? Pas de chance de rater ça.

La semaine suivante, nous voilà à nous rencontrer à la gare et partir vers sa ville natale. Qu’est-ce que j’en peux dire? Si jamais vous allez en France, allez-y. Si vous aimez bien l’architecture des églises, il faut visiter la cathédrale de Chartres.

espèce d'autel
espèce d’autel
le toit
le toit
Chartres vue de l'église
Chartres vue de l’église

Sinon, si jamais vous marchez à pied par Chartres, vous trouverez des jolis petit coins…

'tite rue à Chartres

'tite rue à Chartres II

Visiter Chartres m’a montré une chose que je soupçonnais déjà. N’importe quel lieu peut être intéressant si vous êtes accompagné avec quelqu’un du pays. Les rues deviennent des histoires, les places des romans, les bars des souvenirs…

Ma visite à Chartres a été plus qu’une destination touristique: a été un voyage dans le temps vers les mémoires de O., vers sa jeunesse, les amours du passé, les amis perdus…

 

Clermont-Ferrand

Quoique mon séjour en France ait été plein de mauvaises choses, je vous avoue que j’aime bien la France. Vachement. C’est un très joli pays, et vous pouvez y trouver plein de gens sympatiques. J’ai beaucoup d’envie d’y retourner pour habiter quelques années…

Le motif qui m’y emmena fut avoir réussi une bourse de travail comme professeur assistant langue étrangère. Clermont-Ferrand m’a été octroyé comme destination. Et me voilà à y être allé.

Après être passé trois mois à Paris et en voyageant en Europe, je suis parti à Clermont. Mon premier foyer là-bas fut à Montferrand, juste à coté de Michelin, dans un lycée.

Ma chambre dans le lycée

ma chambre dans le lycée

Oui, il y a tellement de poussière dans l’air que ça se faisait sentir lorsque vous respiriez, mais il y avait quand même un coup de charme.

La vue de ma chambre au lycée

la vue de ma chambre au lycée

Pas content avec le fait d’être loin du centreville et de ne pas avoir de transport pour chez moi après 20h30 (à Clermont, le transport s’arrêtait vers 20h-20h30), j’ai commencé à chercher où habiter plus près du centre. J’ai cherché quelques jours jusqu’à Annie, une autre assistante, m’a invité d’habiter avec elle et un autre italien. Nous voilà les trois à déménager au centreville.

chez nous à Clermont

chez nous à Clermont

La convivence n’était pas si difficile. Quoique nous fûmes trois, tout allait bien.

mon lit

mon lit

Moi, je dormais sur un lit gonflable acheté par 15 euros, qui au bout de quelques semaines m’avait déjà tout cassé le dos. Mais pas grave. On s’amusait quand même.

mes room/housemates...

mes room/housemates...

Parfois, et c’est souvent ça, Clermont me manque…

 

Train et d’autres amours VII

1ère partie, 2e partie, 3e partie, 4e partie, 5e partie et 6e partie

Au troisième ou quatrième escalon, après avoir fermé la porte, j’ai pensé : « Putain ! Je peux pas partir comme ça ! Ce fut probablement la dernière fois que j’ai vu la femme de ma vie. »

Je suis retourné et, à l’iminence de frapper sur sa porte, elle l’a ouvert. Nous nous sommes embrassés.

Néanmoins, il fallait encore que je parte.

Lis, je voudrais juste te dire que je t’aime fort bien, que j’irais n’importe où avec toi…

Une larme s’est écoulée par son visage.

Je… Je suis tellement désolée… Je peux pas. Je te le jure. Moi je t’aime bien aussi, mais je peux pas maintenant…

Quoique ça m’eût fait du mal, je le savais. Ce n’était pas notre heure (si jamais on aura un moment pour nous).

Elle m’a embrassé, m’a pris de nouveau dans ses bras et m’a demandé de partir.

Repars, je t’en pris. J’en pourrai plus.

Je suis allé, moi aussi avec des larmes aux yeux. J’étais en train de dire adieu à la femme.

Quand je suis arrivé à la cour intérieure du bâtiment, elle est sorti à la fenêtre et a crié :

Hey, guapo.

J’ai regardé vers le haut.

Sepa que te quiero mucho. Perdóname, ¿sí?

Il n’y avait pas grand-chose à dire : también te quiero. Que te vaya bien…

Je crois qu’il ne faut pas décrire mon état d’âme les jours suivants. J’étais complètement accablé. Mais la vie, ça continue. Elle n’arrête point.

Je suis allé à Clermont, où je devais me présenter quelques jours après.

Deux mois plus tard, après m’être installé, le portable a sonné. C’était le soir.

Bonsoir.

Bonsoir ?

C’est moi !

Toi ?

Oui, moi.

Lol, la vache !

Je voulais écouter ta voix. Juste ça.

Je suis content que t’as appelé. Comment ça va à Londres ?

Lis m’a tout raconté. L’enregistrement de son nouveau CD, les musiciens qui y collaborait, les gens dont elle avait faites connaissance. Pour finir, elle a laissé échapper :

Tu me manques!

Moi aussi.

Faut que j’aille, d’acc. Pense pas que je t’aime pas…

Dans ce moment-là, j’ai tout compris. Pas seulement mon histoire avec elle, mais l’amour en général. Amour appartient à celui qui aime, pas à celui qui est aimé.

J’ai décroché le téléphone triste et heureux à la fois. Triste pour avoir l’impression que je ne lui parlerais plus jamais ; heureux pour avoir compris un peu plus sur l’amour.

Depuis lors, on s’est parlé avec peu d’assiduité, mais on s’est parlé quand même. Parfois distants, d’autres fois plus proches, toujours par mél. Le dernier, il n’y a plus de deux mois, elle m’a dit :

Es increíble como nunca te olvidas de mí.

Ma réponse, que je ne lui ai pas encore envoyée, ce sera ce texte-là. Parfois la vérité est trop longue pour être dite en peu de mots…

et c’est finalement fini!

 

brume au sommet

Carte

Sinaï, son château, son monastère orthodoxe, ses sommets.
Un matin nous décidons de grimper le mont Omul à 2500m, le téléférique nous laisse à 2000m dans une purée de poix dense, très dense. Toute l’ascension se fait dans le silence feutré du brouillard que ne rompt que le cris d’oiseaux dont les ombres transpercent parfois les nuages.
Au sommet nous mettons plusieurs minutes à repérer le refuge, nous ne voyons pas à plus de 3 ou 4 mètres. La descente commence dans cette même absence, dans ce même silence. Puis, quand nous passons sous les 2000 m un spectacle sublime de prairies, de sommets, de nuages se dévoilent.
Quelques minutes plus tard le soleil nous rattrape, nous en profitons pour pique-niquer et nous offrir une magnifique sieste.
Sinaia_02

 

Train et d’autres amours VI

1ère partie, 2e partie, 3e partie, 4e partie et 5e partie

Quand je l’ai vu s’éloigner, je me suis senti complètement détruit. Cependant, toujours avec le but de comprendre ce qui s’était passé, j’ai pensé qu’il y avait encore de l’amour dans tout ça. Ce fut donc que j’ai pensé à Grande Sertão : Veredas (roman de l’auteur brésilien João Guimarães Rosa). La vie est une marche, ce sont des chemins (A vida é um estradar, são veredas). À ce moment-là, en y pensant, j’ai su que j’avais besoin de lui donner ce bouquin, à n’importe quel prix.

Je suis sorti comme un fou à la recherche du livre. J’ai cherché dans toutes les grandes librairies de Paris, mais je ne l’y ai pas trouvé. La traduction existait, mais elle était épuisée, disait-il un de fonctionnaires. Je cheminais sans espoir par le Quartier Latin quand je suis passé devant une librairie lusophone. Je suis entré, j’ai posé la question sans trop d’enthousiasme et j’ai reçu une réponse qui m’a déconcerté.

Oui, j’en ai un. Le dernier.

Combien ?

Huit euros.

Parfait. Cette fois-là je n’ai pas hésité. J’ai acheté le bouquin et je suis rentré chez moi vite fait. J’avais déjà tout une lettre écrite pour elle en tête.

De 15 pages ! Et en français !

Le lendemain, je lui ai passé un coup de fil.

Bonjour, ça va ?

Bonjour. Ça va, et toi ?

Ben… je voudrais te voir.

Moi aussi.

Je t’ai acheté un cadeau.

Ah bon ?

Ouais. Je suis passé toute la journée hier à la recherche, jusqu’à le trouver.

Lol, et pourquoi tu ne viens pas chez moi me le rendre ?

A quelle heure ?

Écoute, je suis très occupée aujourd’hui. Je prépare tout pour partir à Londres, mais vers 17h ça me ferait plaisir de te recevoir. On pourrait prendre un café ou tasse de thé ou n’importe quoi.

D’acc. À 17h pile j’y serai. Gros bisous.

Pour toi aussi.

À 17h j’y étais déjà. Cela ne pourrait pas être différemment. Depuis le moment de l’appel jusqu’à l’heure de frapper sur sa porte, je ne faisais que penser à elle, à son parfum, à sa bouche, à sa peau. J’étais sûr qu’elle était la femme de ma vie.

Avant que la porte soit ouverte, je suais froid déjà, avec les paumes umides, très nerveux en attendant sa réaction.

Je suis entré. La porte d’entrée conduisait directement à la cuisine. La maison était complètement à l’envers, notamment à cause de déménagements.

Tu veux t’assoir ?

Hum… franchement je ne sais pas.

Pourquoi t’es nerveux ?

J’pas.

J’ai menti, c’est clair. Je savais parfaitement pourquoi j’avais les nerfs à la gorge.

Tu veux du thé ?

Oui, merci.

Je ne pouvais plus attendre. J’avais besoin de lui rendre le cadeau que je lui avais acheté.

Alors, je voulais te rendre le cadeau. Je sais qu’il se peut que tu ne le lises jamais, ou qu’il se perde au milieu des allées, retours et déménagaments de ta vie, mais je voudrais te le donner quand même. C’est un auteur dont j’aime trop. Pour moi, l’un des meilleurs livres jamais écrits. Et je pense qu’il s’agit un peu de notre histoire…

Merci beaucoup. Dès que je peux, je vais le lire. Je te le promets.

Et…

Elle a ouvert le livre et a trouvé la lettre qui y était dedans.

Tu m’as écrit une lettre ?

Oui…

Et elle dit quoi ?

Faut que tu la lises pour savoir.

Elle s’est mise à la lire.

Non. Pas maintenant. Lis-la quand tu seras sur le train ou n’importe où, quand tu auras le temps. En plus, je voudrais pas que tu la lises devant moi.

Pourquoi ? Elle dit quoi ?

Si jamais tu la lis, tu vas découvrir.

Je la lirai aujourd’hui le soir.

Bon, je crois que je pars déjà. J’ai vu que t’as plein de choses à faire et je veux pas te déranger.

Ay, si j’avais pas besoin de partir demain matin, ça m’aurait fait plaisir que tu restes.

Je comprends. C’est pas grave.

Vraiment désolée.

Excuse-moi. (j’ai dit ça en pensant que je ne suis pas allé avec elle à Amstelveen la première fois).

Moi, je m’en vais donc.

Nous nous sommes pris l’un dans les bras de l’autre et avons commencé de nous séparer. Les deux ne le voulions pas. Mais il était su que dans un moment ou autre il aurait fallu que je m’en aille. Elle allait partir définitivement.

J’ai pris du courage et suis parti.


suite…

 

Au pays des noirs et du blanc

La première fois que je me suis fait embarqué dans ses images, il m’a transporté dans le désert syrien, un de ces villages où le sable semble être le seul à avoir le courage de se déplacer pendant les heures les plus chaudes, puis je me suis transporter par ses images d’un pays à l’autre, voyageant à peu de frais et avec beaucoup de bonheur.

J’ai peu à peu appris à dompter ses magnifiques noirs et blancs, me laissant porter par les histoires que ses images nous transmettent. Privilège rare des images qui vous parlent, qui vous prennent par la main et vous font découvrir la vie qui se cachent derrière chaque cliché.


Le noir et blanc est un vieille amie, celle de mes premiers pas photographiques. C’est une amie fidèle, délicate, sensible, de celle qui vous change la monde pour vous le montrer encore plus vrai, plus cru, plus pur, sans le clinquant que vous impose souvent la couleur. Mais c’est aussi une amie exigeante, des heures à se battre sur une même image dans la lumière rouge d’un labo improvisé, pour enfin obtenir le noir que vous désirez, pour faire apparaitre les détails qui se cachent, pour faire disparaitre ceux qui veulent vous gâchera votre image. Mais quand vous avez entre les mains ce beau tirage dont vous rêviez, la satisfaction est immense.

Osmaneli

Le noir et blanc c’est aussi la magie des regards et chez Romann car c’est ainsi que ce nomme notre photographe ce talent des regards, des paysages, des noir et blanc purs chargés d’émotions vous explose à la figure à chaque photos.

Il est temps de se poser, de se lancer d’aller découvrir ces portraits, ces histoires, ces villages, ces villes. Chaque nouvelle image est une surprise, une découverte dans le monde riche et passionnant de Romann .

commençons par un petit tour en Syrie, continuons dans les rues d’Istanbul la sublime, prenez la route du reste de la Turquie pour enfin vous perdre en Asie.

Voilà, il est maintenant temps d’aller découvrir son site.

 

Train et d’autres amours V

1ère partie, 2e partie, 3e partie et 4e partie

Une fois à la ville-lumière, en arrivant à l’appartement où je m’hébergeais, à Belleville, la première chose que j’ai faite c’était l’appeler.

Bonjour, c’est moi !

Bonjour, t’es venu !

Oui. Tu pensais que j’allais pas venir ?

J’pas.

Je veux te voir.

Moi aussi je veux te voir, mais le seul problème c’est que mes horaires sont compliqués à cause de mon déménagement.

Dis-moi à quelle heure et où que j’y serai.

Écoute, moi je peux cet après-midi, vers 16h, à la petite place à Châtelet. Tu la connais ?

Oui.

Parfait.

On se rencontre là-bas alors.

On se rencontre…

J’étais là-bas à l’attente avant même 16h. De loin, je l’ai vu arriver. Par hasard, le même jeans de l’autre jour, mais une autre chemise. Pour ne pas en dire trop, elle était absolument étonnante. Ce fut l’avoir vu pour être sûr, à nouveau, que c’était elle la femme de ma vie.

Coucou.

Elle m’a embrassé sur la joue et m’a fait un hug.

Jourbon.

Moi, je souriais comme un con d’être à son coté une autre fois.

Elle a pris ma main dans la sienne et m’a poussé.

Je connais un petit coin sympa par là. On y pourra parler tranquillement.

En fait il y avait un coin très calme au milieu de la zizanie de Chatelet. On s’est jeté sur le gazon, s’est déchaussé et a bavardé pendant des heures. Parfois, elle se faisait caresser par moi, d’autres fois c’était moi.

Lis était toute ravissante. Enthousiasmée d’aller à Londres enregistrer son premier CD solo. Son souris s’épandait de l’un coté du visage à l’autre.

À cet instant-là, mon cœur sautait déjà par ma gorge. J’avais tellement envie de lui dire tout ce que je sentais (que c’était elle !), mais ou je n’avais pas de courage ou je ne trouvais pas d’opportunité. Jusqu’à ce que, son idée, on s’est levé et est allé prendre un café. On s’est assis vis-à-vis, de façon que je ne risquais pas de la suffoquer et lui donnais encore de l’espace pour courir. Je me suis donc déclaré. Sincère et ouvertement. Je n’ai rien caché et ai tout dit. Que je n’avais pas pu ne pas arrêter de penser à elle, que j’en étais amoureux, que je savais qu’elle était la femme, que je pouvais l’accompagner n’importe où elle aille.

Elle a écouté tout ce que j’avais à dire. Son silence, faut-il le dire, m’a laissé de plus en plus apréhensif. Lorsque j’ai terminé, je lui ai dit, si elle ansi le désirait, qu’elle pouvait partir tout simplement, sans avoir besoin de dire un seul mot. Lis s’est levée et est entrée au café. Je crois qu’elle est allée aux toilettes. Trois minutes après, comptées à la montre en extrème état d’afflition, est retournée, s’est assise, a regardé dans mes yeux et a dit :

Je veux pas partir.

J’ai dû brouillonner un sourire malin. Elle a continué :

Mais je vais t’avouer que j’ai failli partir. C’est pour ça que je suis allée aux toilettes, afin de voir si j’y réfléchissais un peu. C’est pas que je voulais partir parce que j’ai pas aimé ce que t’as dit. Tout au contraire. J’ai pensé partir parce que j’avais peur, et partir c’est toujours comment je finis par agir dans ces situations. Je vais être franche avec toi : j’ai peur des relations amoureuses. J’ai déjà essayé une fois, ça fait longtemps, mais ça n’a pas marché et je me suis faite blesser. Depuis lors, j’ai l’habitude d’échapper des gens que j’aime davantage et je finis par être avec ceux qui veulent rien de moi. Je t’aime bien, depuis le premier moment que je t’ai vu arriver à la gare. Pourtant, j’ai peur, trop peur d’être avec toi, spécialement parce que tu sembles être la personne parfaite pour moi. Tout serait parfait entre nous deux. C’est pas juste une croyance, c’est une certitude. Néanmoins, et je sais que je vais m’en repentir, j’arrive pas à faire face à mon peur. En plus, je sais que je plongerais de tête dans une histoire avec un mec comme toi, c’est bien moi ça, et je ne peux pas le faire pour l’instant. Je suis dans un moment déterminant de ma carrière, et d’une certaine façon c’est la seule chose que j’ai vraiment. Je peux pas te demander ça, mais je voudrais tu comprennes…

Moi, au contraire de ce que je pourrais imaginer, j’ai eu une épiphanie. C’est comme si tout, d’un seul coup, faisait du sens et s’organisait. Ce sont rares les moments où ça m’arrive. Celui-là en a été un.

Je te comprends. Vraiment. Je crois qu’il faut aller après ce que tu veux, t’y plonger complètement. Ça peut être fou, mais je sais qu’un jour on sera ensemble, tôt ou tard.

Elle a souri. Moi aussi, surtout parce que, dans ce moment-là, j’étais sûr qu’un jour on allait nous rencontrer (et qui dit que ça ne va jamais se passer ?). Elle a pris ma main, m’a caressé le visage et a failli m’embrasser.

Ce que je voulais davantage c’est t’embrasser, mas je peux pas. Je peux pas parce que je sais si jamais je le fais je vais pas réussir à suivre, parce que je ne ferais que penser au goût de ta bouche. Je te prie d’essayer de me comprendre. T’embrasser c’est tout ce que je désirais, mais je ne peux pas.

Quoique je te désire vachement, je te comprends.

Elle m’a pris de ses bras, a approché son visage du mien, presque lèvre sur lèvre (j’ai failli l’attaquer !), a touché son front sur le mien et a laissé tomber une larme.

Faut que je parte maintenant.

Je voudrais te revoir encore une fois.

Tu crois que ça va être bon pour nous ?

Aucune idée, mais je veux te revoir.

D’acc. Pourquoi tu ne viens pas chez moi demain? Appelle-moi avant pour savoir comment marche mon déménagement.

Ok.

suite…

 

Train et d’autres amours IV

1ère partie, 2e partie et 3e partie

À Amstelveen est-elle allée, alors que je me suis dirigé au hostel, en figurant que mon ami avait déjà pris tous mes trucs au parc. Lorsque je suis arrivé à l’auberge, mon ami n’était pas là. J’ai demandé à la réceptionniste s’il avait déjà fait le check-in et elle m’a répondu que oui. A complété en informant que moi aussi je l’avais déjà fait théoriquement. Chambre n° 203, lit 8. Je suis monté à la chambre, j’ai trouvé mon lit sans mes choses au-dessus et au-dessous. Je suis descendu, j’ai demandé quel était le lit de mon ami et je suis remonté pour voir si mes trucs étaient ou sous le lit ou dans son locker. Pas non plus. J’ai pensé : « Putain, est-ce qu’il n’a pas pris mes choses en pensant que j’allais le faire pour aller n’importe où avec Lis ? ». Dans le moment, c’est ce que j’ai pensé. J’avais été si con que je n’y ai pas pensé deux heures avant.

J’ai couru jusqu’au parc (il était déjà minuit). J’avais trop peur de m’être fait tout voler et avoir perdu l’infime quantité de vêtements que j’avais. Désespéré, je n’ai pas réussi à trouver mon sac à dos. J’ai paniqué. J’ai eu de la chance quand je me suis calmé et me suis rendu compte de que j’étais en train de chercher dans le mauvais lieu. Quand j’ai trouvé le bruisseau qui avait servi de cachette, j’ai vu que, quoique j’aie mal agi en avoir hésité (chose que je ne découvrirait qu’après), ce 9 septembre 2004 était, sans aucun doute, mon jour de chance par excellence : toutes mes choses étaient là, de la même façon que je les avais laissées.

Soulagé, je suis retourné au hostel et j’ai pris une douche. J’en avais vraiment besoin. Je suis sorti pour rencontrer mon ami, qui, pendant mon absence, m’avait laissé un mot pour dire où il était. Après l’avoir rencontré, je suis rentré et j’ai dormi avec la pensée de que j’allais rencontrer Lis tôt le matin. Mon idée était de me lever vers 7h, prendre le petit déjeuner, préparer mes machins et vers 9h l’appeler en lui disant à quelle heure j’arriverais. Trop simple.

Avec le billet en main, je lui ai passé un coup de fil. Le portable a sonné et elle n’a pas répondu. J’ai réessayé et elle n’a pas encore répondu. J’ai dû l’appeler quatre ou cinq fois et rien. Il est automatiquement passé par ma tête qu’elle avait désisté de moi et de notre histoire. Merde ! Merde ! Des gros mots étaient la seule chose que j’arrivais à dire dans ce moment.

Après à peu près une bonne heure, ayant déjà raté le train (quoiqu’il y en ait un à chaque demi-heure), j’ai désisté. Je pouvais aller comme un fou après elle, mais je savais que je n’allais pas la retrouver. Je suis retourné au hostel, j’ai réveillé mon ami et on est allé à Rotterdam.

Ma frustration était énorme, inénarrable et apparamment infinissable. Arhhhhh !

Une fois à Rotterdam, deuxième jour là-bas, j’ai résoulu l’appeler une autre fois juste pour ne pas me repentir après. Et n’a-t-elle pas répondu ?

Alô?

Alô.

Bonjour, c’est toi ?

J’ai essayé de t’appeler…

Saperlipopette, je suis heureuse que tu as appelé !

Ah bon ?

J’attendais ton appel.

Ah bon ?

Ouais. Vraiment désolée. Mon portable est resté hors service pendant deux jours. Des problèmes de signe. As-tu essayé de m’appeler ?

Quelle question !

Oui, plusieurs fois.

Non, vraiment désolée. Je voulais tellement que tu sois venu. À propos, je le veux encore !

J’ai dû me calmer.

Moi aussi.

J’allais t’inviter pour venir maintenant, mais une très bonne chose m’est arrivée et j’ai besoin de rentrer Paris aujourd’hui.

Qu’est-ce que c’est passé ?

Je vais signer un contrat avec un label anglais et j’ai besoin de déménager au plus vite possible à Londres.

C’est vrai ça ?

Merveilleux, n’est-ce pas ?

Absolument oui.

Je vais donc être à Paris d’aujourd’hui le soir trois jours. Ce sera le temps de résoudre ma vie là-bas.

Putain, incroyable ça !

Si jamais tu peux venir me voir avant que je sois partie, ce serait sympa…

Quoi dire ? C’est certain que j’ai tout préparé pour être à Paris dans deux jours. J’avais vraiment besoin de la revoir.

suite…