Passer la frontière – 1
Posted in Aventure, Europe, Hongrie, Passer la frontière, Roumanie on 11/02/2007 04:08 by dul
Nous sommes à Szeged, charmante petite ville au sud de la Hongrie à 10 km de la frontière roumaine. Notre objectif, ce jour là, est justement de passer en Roumanie. Rien de plus simple me direz-vous deux pays européens, tout proche d’entrée dans la communauté du même nom. La veille nous nous étions rendus à la gare de bus pour vérifier les horaires et il nous avait semblé comprendre qu’il y avait un bus pour Arad le lendemain à 10 heures. Prudent comme nous savons l’être, nous arrivons une bonne demi-heure à l’avance. Nous nous installons devant le quai ou le bus doit arriver et nous attendons. C’est là, à ce moment précis que la grande aventure commence.

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A 10h30, pas de bus, à 11h pas de bus, à 11h30 nous commençons à demander à droite et à gauche, mais personne ne parle anglais et notre hongrois est un charabia incompréhensible, même pour le plus patient des hongrois. Bref, vers 13h nous décidons de déjeuner sur une table de la gare routière. Puis, ne trouvant aucune aide, nous décidons de prendre pour un bus pour Békéscsaba qui se trouvent à quelques dizaines de kilomètres et qui possède une ligne de train directe pour la Roumanie. Dans le bus nous rencontrons le sympathique et anglophone Zoltan qui une fois arrivé dans la ville nous servira de traducteur mais n’arrivera pas à nous faire sortir de Hongrie, le prochain train pour la Roumanie n’étant que le lendemain vers 8 heures du matin. Après avoir bu une bière avec lui, il nous met dans un bus vers Gyula qui possède une autre ligne de train pour franchir la frontière et avec un train le soir même d’après le guichet de la gare de Békéscsaba.

Nous voilà donc dans le bus vers Gyula qui se trouve à moins de 5 km de la frontière. Arrivé dans la ville nous la traversons de part en part pour atteindre la gare et effectivement il y a un train pour la Roumanie avant celui de Békéscsaba, mais à notre grand désespoir il est le lendemain matin à 5h30. Bien sur pas de consigne pour laisser nos sacs, nous voilà donc reparti vers le centre de Guyla, sac sur le dos, afin de profiter de la folie du samedi soir. Bon de folie, il n’y a pas eu. En effet après avoir manger dans le seul restaurant ouvert, une pizzeria, nous nous sommes installés dans un bar où nous discutions en buvant des bières et en jouant au échec avec les locaux. Victoires écrasantes des extérieurs face à des locaux proche de rouler sous la table. Malheureusement cette belle soirée se termine à minuit avec la fermeture du bar, le dernier ouvert. La folie du samedi soir je vous dis, mais le dimanche à la première heure on ferme… 
Que faire, rien, si ce n’est de retourner à la gare. Là, nouvelle désillusion, la gare est fermée et nous nous installons sur un banc en plein vent sur les quais et nous jouons, dans une température avoisinant les -5C, aux cartes jusqu’à 3 heures du mat. C’est à cette heure que Claudio (le saint qui a réussit à me supporter pendant 2 ans de voyage) décide de se mettre à la couture. Puis entre en jeux un vieil hongrois parlant un allemand parfait avec lequel nous réussissons à parler pendant près d’une demi-heure. Incroyable capacité du froid et de l’envie de parler pour vous faire redécouvrir des mots que vous pensiez restés sur vos cahiers de lycéens. Une heure plus tard la gare ouvre, nous nous y précipitons. Une douce chaleur nous enveloppe, environ 5- 6 degrés. A 5h30 précise un phare transperce le brouillard. Dans un hurlement métallique le train s’arrête, nous y montons, nous nous y endormons. As-t’on vu un douanier Hongrois pour sortir du pays, je n’en ai aucun souvenir. Par contre, en arrivant à Solanta, poste frontière Roumain, c’est une douanière qui nous réveille. Elle nous ne sommes pas près de l’oublier…

